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Comment arreter de fumer ? Quels sont les moyens pour arreter la cigarette?
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Voici un résumé comparatif des meilleurs moyens pour arrêter de fumer.

Le patch
Il s’agit d’un autocollant qui diffuse la dose de nicotine, et ce de manière régulière. Compter un peu moins de 90 € pour 28 jours de patch. Un impératif : ne pas craquer pendant le traitement car l'association patch-cigarette s'avère dangereuse. Ce n'est certainement pas le meilleur moyen pour arreter de fumer, mais c'est le plus connu, le plus prescrit, et le plus utilisé.

Les gommes
Les gommes à mâcher ont pour but de compenser une envie soudaine de cigarette. Elles sont surtout adaptées aux fumeurs irréguliers. A sucer d'abord, puis à mâcher pendant 30 à 40 minutes, elles ont l'inconvénient de délivrer une dose de nicotine trop soudaine si on ne respecte pas les conseils de mastication.

Les comprimés à sucer
Les comprimés pour arrêter de fumer ont l'avantage d'être plus discrets que les gommes. Mais tous comme elles, ils présentent un risque de dépendance. Leur prix varie entre 10 et 11 euros la boîte de 36 contre 10 euros la boîte de 30 gommes. Comprimés à sucer ou gommes sont cumulables avec les patchs.

Les médicaments
Le médicament le plus en vogue est le Zyban : à l'origine utilisé comme antidépresseur, ce médicament n'est délivré que sur prescription médicale et n’est pas remboursé. Il concerne surtout les gros fumeurs. Comme tout médicament, des effets indésirables sont possibles et il est très important de respecter les doses prescrites.

L'acupuncture
Chez certaines personnes cette méthode est miraculeuse, chez d'autres elle ne produit aucun effet, surtout chez les gros fumeurs. Le mode opératoire est le suivant : l'acupuncteur glisse des aiguilles sous la peau dans le but de faire diminuer l’envie de fumer. Il faut cependant compter plus de 60 euros la séance.

L'hypnose
Tout comme l'acupuncture, son efficacité dépend de la réceptivité du patient : l'hypnose est censée libérer des pensées tabagigues. L'avantage par rapport au gommes, comprimés et patch est qu'elle ne met pas en contact avec la nicotine. Mais attention, beaucoup de charlatans sévissent sur le marché…

La volonté
La volonté est bien sûr à la base de tout, et est sans doute le moyen le plus efficace pour arreter de fumer. La force de la volonté peut être combinée avec d’autres méthodes pour arreter de fumer, mais sans une implication forte du patient au départ, rien ne pourra marcher.

La méthode de la prise de conscience
Cette méthode consiste à confronter le patient aux conséquences de la cigarette : passage dans un service accueillant des patients atteints d'un cancer de la gorge, des poumons, mise en contact avec des patients dont certains n'ont plus de cordes vocales, trachéotomisés, etc. S'imaginer un instant à leur place dans quelques années peut constituer un déclencheur.

L’économie d’argent
Etant donné le prix du paquet de cigarettes, c'est une méthode qui a son importance. A chaque envie de cigarettes, l’utilisateur met de côté l'argent économisé et s’offre ponctuellement de jolis cadeaux.

La methode du boitier RegulSmoke
C'est pour nous le meilleur moyen pour arreter de fumer, et de loin ! Pour en savoir plus, cliquez ici.

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COMMENT ARRETER DE FUMER

Selon un article du Professeur Robert MOLIMARD, Président de la Société de Tabacologie, Centre de Tabacologie Paul GUIRAUD -Villejuif (mai 1999)


Pour arrêter de fumer, la volonté ne suffit pas. Il faut absolument comprendre pourquoi arrêter de fumer n'est pas qu'une affaire de volonté.

Les enquêtes répétées ont permis d'arriver à la conclusion suivante :
> Il n'y a pas de rapport entre le caractère d'un fumeur et le succès de l'arrêt. Des personnes très dynamiques peuvent ne pas y arriver, alors que d'autres y arrivent ultra rapidement et sans problème.
> Les grandes résolutions avec un gros effort de volonté aboutissent rarement à l'arrêt.  Les fumeurs trouvent bizarrement que lorsque leur tentative a été la bonne, ils ont été surpris par la facilité du sevrage.

Le succès du sevrage vient en fait d'un lent mûrissement intérieur.  Ce cheminement commence dès le jour où l'on se dit qu'on fume trop.  Le fumeur commence par essayer de se contrôler, mais se rend compte que c'est difficile.  Il change de marque de cigarettes, il passe aux lights, à la pipe, il s'arrête quelques jours pour voir mais il reprend de plus belle. Il prend des résolutions momentanées qui ne tiennent pas, avec toujours ce rêve inaccessible, pouvoir contrôler l'incontrôlable. Jusqu'au jour où, sous un prétexte parfois futile, une goutte d'eau qui fait déborder le vase, on s'arrête, non pas volontairement comme on le croit, mais automatiquement.

En effet, il n'est pas possible de demander au cerveau volontaire de contrôler l'arrêt du tabac.  Seul un robot peut avoir la vigilance permanente nécessaire. En réalité, on ne peut arrêter de fumer qu'en amenant notre cerveau-robot à s'occuper du problème lui-même, sans y penser conciemment. 

Heureusement, il existe un troisième personnage dans notre cerveau : le cerveau affectif, celui qui dit "j'ai envie". On ne s'arrête que si l'on a envie de le faire.

Tout se passe donc comme si trois personnes indépendantes discutaient en nous. Ce qui germe dans le cerveau affectif, c'est le désir de faire quelque chose. Lorsque le désir est là, on dispose d'une force irrésistible.  Mais il est bien difficile de le stimuler. 

Les motivations
La peur pour la santé n'est pas une bonne motivation.  La seule manière de se prémunir est de se décider invulnérable.  Alors, pourquoi ne fumerait-on pas si l'on ne peut être atteint par le cancer? Par contre, si l'on est essoufflé, si l'on tousse, si l'on souffre d'artérite, savoir qu'une amélioration rapide suivra l'arrêt est bon.
L'exemple qu'on veut donner à ses enfants, ou le fait qu'on ne voudrait plus les enfumer.  Mais cette idée porte en elle le sentiment de culpabilité, ce qui n'est pas supportable et pousse à la dénégation, voire à la provocation.  On fume pour bien montrer qu'on ne croit pas à ces histoires de tabagisme passif et d'exemple.
Le sentiment d'être dépendant, esclave, vache à lait des compagnies tabagières peut susciter au contraire un sentiment de révolte poussant à chercher à se libérer.  Calculer ainsi les sommes astronomiques que l'Etat prélève dans votre budget en sus de vos impôts, avec votre complicité, peut être un bon exercice.
Le sentiment intime de confiance en soi qui fait qu'on pense intimement qu'on peut réussir est la seule idée qui soit associée au succès. Penser que s'arrêter relève plus d'une stratégie que tous peuvent appliquer que d'une force particulière de caractère réservée à certains peut aider à l'acquérir:

La stratégie : Un apprentissage
S'arrêter de fumer n'est pas simplement se sevrer des produits chimiques, nicotine et autres, que contient le tabac. Ce n'est en fait pas l'essentiel.  Après trois jours, il n'y a plus trace de nicotine et de ses dérivés dans le corps. L'organisme cicatrise vite. En une à deux semaines, l'équilibre est retrouvé.  Chez ceux qui ont un réel besoin  physique de nicotine, les gommes et les timbres permettent de retarder ce sevrage chimique jusqu'à ce que l'essentiel soit acquis, à savoir l'apprentissage à vivre sans tabac des situations que l'on avait appris à associer à la cigarette. Car c'est bien là le point crucial.  On ne recommence pas à fumer après un, voire 10 ans d'arrêt parce qu'on manque de nicotine, mais par nostalgie, parce qu'on se trouve avec des gens où dans des lieux où l'on fumait, dans des situations psychologiques ou affectives où l'on fumait, face à des problèmes que l'on réglait en fumant.

L'apprentissage me paraît le fil d'Ariane qui conduit à l'arrêt. Toute la période de mûrissement dont j'ai parlé est déjà un apprentissage. Celui qui fume régulièrement tous les jours finit par admettre la réalité de la dépendance.  Il a compris par une foule d'expérience qu'il n'arriverait jamais à ce rêve, de fumer ce qui apparaîtrait comme raisonnable, une bonne cigarette ou un cigare de temps en temps, pour être "comme les autres", et qu'il ne sera jamais comme ces sortes de martiens que sont ceux qui peuvent le faire, qui par chance pour eux ne sont pas dépendants. Il a souvent essayé d'arrêter, et chacune de ses tentatives lui a appris quelque chose.

Etes-vous mûr ? Vous l'êtes peut-être sans le savoir. La seule façon de savoir si l'on est mûr pour s'arrêter est d'essayer. C'est pourquoi je conseille volontiers de faire comme "la Marion sous son prunier", qui "secouait ses prunes", comme dit la chanson.  Faire une véritable tentative d'arrêt, en se fixant un but limité, l'impossible si l'on n'est pas mûr : 24 heures.  De deux choses l'une: ou bien l'on n'est pas mûr, et le problème ne se posera pas, on aura repris une cigarette au bout de quelques heures.  Mais au lieu de se dire qu'on n'a pas de volonté, que l'on est nul et qu'on n'y arrivera jamais, et de se sentit coupable, on se dira que ce n'est pas mûr, qu'on n'a pas encore réglé ses problèmes avec le tabac, on réfléchira, et l'on reviendra comme la Marion faire un nouvel essai après un temps laissé pour laisser mûrir un peu plus les prunes.

Si l'on tient 24 heures, cela veut dire qu'on est diablement mûr, et d'ailleurs une petite voix intérieure est là pour dire "Et si j'essayais encore 24 heures".  Mais ce n'est pas la voix de la volonté.  C'est celle qui vous dit la confiance que vous avez dans l'espoir de réussir, et donc de la maturité. Vous essayez donc encore 24 heures, puis encore 24 heures…, mais tous les pièges ne sont pas déjoués.  C'est alors qu'intervient la phase d'apprentissage actif.
Comme je l'ai dit plus haut, à la base de l'apprentissage, il y a la répétition.  Un geste répété assez souvent devient automatique.  Un exemple: Vous souffrez du manque de cigarette lorsque arrive le café après le déjeuner.  Si vous vous dites combien vous êtes malheureux de vous priver vous même d'un de vos plaisirs, vous êtes perdu.  Si vous vous dites "voici une situation qui m'appelle à fumer.  Il faut que j'apprenne à la vivre sans tabac.  C'est dur, mais quand je l'aurai ainsi vécue une vingtaine de fois, je ne ressentirai plus cet assaut de désir, le réflexe de prendre une cigarette sera éteint et je pourrai jouir pleinement de ce moment de détente".  Vous vous placez ainsi dans une situation active de conquête d'une liberté, et non dans une situation de victime passive, ce qui change tout.  Vous avez déjà appris sans en être conscients à ne plus ressentir l'envie de fumer pendant la durée d'une séance de cinéma.
D'ailleurs, il n'y a jamais de rechute tardive pour ces situations quotidiennes où l'on trouvait les cigarettes bonnes voire indispensables, parce qu'elles sont vécues de façon suffisamment répétée sans cigarette que l'automatisme est acquis.

Alors, comment arreter de fumer ?


1- Arrêt brutal ou progressif?
Si vous avez en tête l'image de la balançoire, vous comprendrez aisément que si vous la poussez (en prenant une cigarette), elle reviendra vous en redemander une, et que le seul moyen de faire cesser le désir est de ne plus en donner.  Le mouvement perpétuel n'existant pas, elle s'arrêtera d'elle-même, toujours.  Ralentir le rythme d'une balançoire est impossible.  Si vous réduisez le nombre de cigarettes, vous les fumerez différemment et vous absorberez la même quantité de nicotine, tout en souffrant.  De toutes façons, il faudra bien s'arrêter complètement, un moment ou un autre.  Une bonne manière d'introduire un peu de progressivité est de commencer à apprendre à ne pas prendre les cigarettes associées à des situations où il semblerait impossible de ne pas fumer.  Allez donc en fumer une dehors avant de venir prendre le café, pour ne pas être en manque, mais ne fumez plus avez les autres dans cette circonstance.   Vous vous prémunirez ainsi contre des situations où vous risqueriez de vous trouver en difficulté.

2- Date de l'arrêt
Comme il faudra bien vous arrêter, que ce soit après une diminution progressive ou non, il semble prouvé que choisir une date d'arrêt est une bonne chose, car une enquête a montré que les ex-fumeurs savaient parfaitement la date voire l'heure où ils ont senti un déclic qui les a fait basculer du côté de ceux qui ne fument plus.  Ce n'est pas toujours prévisible, bien que ce soit souvent profondément ruminé longtemps à l'avance sans avoir été  formulé.  Essayez donc de choisir une date, pas trop solennelle car le sentiment d'être lié par un engagement formel risque de vous être insupportable et de vous pousser à la transgression.  L'essentiel est qu'elle ait une signification pour vous et vous permette de la retrouver facilement, pour que vous puissiez vous dire "tiens, ça fait 6 mois", ou bien "c'est l'anniversaire de mon arrêt".
Attention aux grandes résolutions en partant en vacances.  S'arrêter hors de son environnement naturel, c'est se priver de l'apprentissage qui consiste à ne pas fumer quand les collègues de travail le font, et le retour risque d'être difficile.

3- Jeter son paquet et son briquet
C'est parfois l'objet d'un grand cérémonial collectif. Comme pour tous les grands serments, je crains que cette solennité ne soit guère efficace. Il y aura toujours quelqu'un pour vous offrir une cigarette et "le bureau de tabac est en face".  De plus, certains patients m'ont dit que savoir leurs cigarettes personnelles à leur portée dans la boîte à gants de leur voiture ou leur vestiaire leur avait donné un sentiment de sécurité et leur avait évité de quémander la cigarette de l'échec, et que les cigarettes restées à la maison avaient fini par trouver preneur.  C'est vous qui sentez ce que vous devez faire de votre matériel de fumeur.

4- Prévenir votre entourage de votre décision

  Ce conseil suppose que l'entourage soit disposé à vous aider. Si votre conjoint est un ex-fumeur et s'il n'en rajoute pas trop dans son désir de vous voir suivre son exemple, il sera souvent chaleureux et compréhensif. Mais le conseil ne saurait être généralisé, car il est des conjoints moralisateurs, des amis provocateurs. Vous êtes seul à savoir qui peut vous aider.  S'arrêter de fumer est en fait votre problème personnel, à régler entre le tabac et vous seul. Si c'est pour vous enfermer dans une situation qui vous rende la rechute honteuse, cela risque de vous culpabiliser un peu plus. Je ne crois pas bon que vous vous posiez des pièges et vous construisiez des barrières extérieures.  Le blocage de votre comportement doit se faire à l'intérieur de vous-même.

5- Éviter les fumeurs et les lieux où l'on fume
  Mais on ne peut s'installer sur une île déserte. On ne va pas changer de conjoint ou d'amis sous prétexte qu'ils fument. C'est un appel à l'intolérance et à la ségrégation. C'est déjà un grand changement dans la vie que de s'arrêter de fumer.  S'il faut de plus s'exclure de son milieu familier, c'est y ajouter l'exil. Le conseil est inutile: vous trouverez tout seul ce qui vous paraîtra réalisable en la matière. Il vous faudra bien de toute façon apprendre à vivre entouré de fumeurs sans succomber à la tentation. Ce n'est pas en évitant ces situations que vous apprendrez à le faire.

6- Avoir des activités de substitution
  La tarte à la crème, dans ce domaine, C'est "faites du sport". C'est le grand mythe de la vie saine. Il n'existe pourtant aucune indication que l'activité sportive soit contraire au tabagisme. Les sportifs fument autant que les autres, sauf dans les sports individuels d'endurance au niveau national et international où les fumeurs n'ont aucune chance d'atteindre le niveau de performances nécessaires. Si vous êtes sportif par contre, vous suivrez plus facilement sans être essoufflé les plus jeunes qui commencent à vous distancer à la course.  L'exercice physique modéré et régulier est de toutes façon recommandé, tabac ou pas.
Je crois qu'on peut en dire autant de tous les bons conseils "d'activités de substitution ". Ceux qui ont des passions n'attendent pas qu'on les leur suggère pour les assouvir. Pour les autres, je doute que l'on puisse susciter chez des fumeurs un engouement subit pour la vannerie ou le macramé qui leur fasse oublier le tabac.

7- Avoir une bonne hygiène de vie  Voilà encore un thème moralisateur et purificateur.

 "Supprimer le café".  Aucune étude scientifique n'a démontré que cela favorisait l'arrêt du tabac.  Par contre, le foie détruit moins rapidement la caféine quand on ne fume pas.  Si vous vous sentez énervé et insomniaque à l'arrêt du tabac, prenez du décaféiné.
"Supprimez l'alcool". On a besoin de toute sa vigilance au début, quand le contrôle n'est pas encore automatique.  Il faut donc se méfier des vapeurs de l'ivresse. Mais supprimer votre verre de vin du repas est une contrainte inutile rendant plus difficile le sevrage.   Si vous avez des problèmes avec l'alcool, c'est à vous de dresser votre plan d'arrêt. En général, on tente d'abord d'arrêter l'alcool, qui crée plus d'ennuis que le tabac.  Mais certains arrivent à arrêter les deux à la fois.
  " Buvez des jus de fruits ", " mangez végétarien ", " buvez beaucoup d'eau ", " prenez des douches froides et chaudes ", "prenez des bains chauds ", " ayez un bon sommeil (facile à dire !) ", " faites des repas réguliers ", " évitez les nourritures épicées ", "prenez des vitamines", "évitez les graisses saturées", "apprenez à respirer (sic) ", " mangez du pain complet ", "ayez un régime équilibré "... Ces "bons conseils" traînent partout. Je ne vois pas toujours bien ce que ces bonnes paroles signifient, mais rien de tout cela n'a jamais fait la preuve d'une relation quelconque avec l'arrêt du tabac.

8- Faire face aux assauts du désir
 Si l'on accepte mon image de balançoire, on voit que le désir donne l'illusion qu'il viendra nous titiller jusqu'à la fin des siècles ou que mort s'ensuive, mais en fait, même s'il n'est pas satisfait, il s'évanouit.  Si l'on peut faire face, lui résister ne serait-ce que quelques secondes, on pourra tenir jusqu'à la vague nouvelle.

9- Apprendre à être un non-fumeur
Ne parlons pas de "non-fumeur", mais d'"ex-fumeur".  Arrêter de fumer est un apprentissage.  Et oui, même si le fumeur a atteint le degré de maturation nécessaire pour sauter le pas, le nouvel équilibre n'est pas immédiatement très clair. Certes, en quelques semaines, le mouvement de balancier commence à s'amortir. On commence à découvrir qu'on n'y a pas pensé de la matinée. Mais l'énorme travail, qui prendra des mois, c'est de se débarrasser de tout ce réseau de réflexes conditionnés, de rituels, d'automatismes acquis qui s'est tissé au cours des années de tabagisme. On ne se débarrasse d'un automatisme qu'en lui superposant un autre automatisme. Cela permet de voir sa démarche comme active et positive.  Tout, au contraire, dans le vocabulaire et les idées sur l'arrêt se définit hélas en négatif par rapport au tabac. On parle de non-fumeur, d'abstinent (sous-entendu : de tabac). On parle de consultations anti-tabac, de sevrage (qui est bien symbole de privation).  On parle de soutien, de maintenance, de tenir, comme si le sujet devait être maintenu éternellement à bout de bras.
Le message positif, c'est qu'on doit apprendre à vivre sans tabac toutes les situations où l'on fumait. Les situations que l'on vit tous les jours seront vite intégrées.  Par contre, une réunion entre amis, une fête, un deuil sont des situations nouvelles où les vieux réflexes ont tendance à réapparaître. Je n'ai pas de meilleure image à donner que l'apprentissage de la conduite automobile. On devient au fil des ans de plus en plus expérimenté, mais il arrive que de vieux renards du volant se laissent prendre si la situation est très nouvelle.

Robert Molimard - Mai 1999


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RegulSmoke est un sevrage tabagique, vos cigarettes sont moins accessibles, c’est un système de contrôle de la consommation, une strategie efficace pour eviter les méfaits tabac, cancer du poumon…