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La méthode du patch pour arreter de fumer
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Les patchs à la nicotine ont fait l’objet de très nombreuses recherches.
Leur objectif est d’augmenter les chances d’arrêt du tabac. Ils diffusent de la nicotine de manière lente et régulière,
contrairement aux pics que procure la cigarette, afin qu’ils
permettent de se libérer petit à petit de sa
dépendance physique.
La durée d’un traitement est de six semaines à six
mois selon les personnes. Progressivement, on doit diminuer les doses
du traitement.
Dès que le patch est collé sur la peau, la nicotine
commence à traverser la barrière cutanée avant
d’atteindre la circulation veineuse. L’effet commence
à être perceptible au bout de trente minutes environ et se
poursuit tout au long de la journée. La diffusion de nicotine
est proportionnelle à la surface du patch et au temps de pose.
En début de sevrage, la dose de nicotine doit être
suffisante pour compenser l’apport habituel de nicotine obtenu en
fumant. Si les symptômes de manque persistent, il convient de
revoir le dosage des patchs avec son médecin.
Certains patchs peuvent comporter des effets secondaires
: nausées, vertiges, malaises, diarrhées, maux de
têtes, sensation de mal-être, fatigue, difficulté
à dormir correctement (insomnie), cauchemars ou mauvais
rêves, ou encore allergies. Ces effets secondaires
néfastes ne sont pas rares, ils apparaissent chez 1 utilisateur
sur 5. On peut aussi constater des rougeurs de la peau et des
démangeaisons locales et passagères, qui disparaissent au
bout de 48 heures après le retrait du patch.
Les études montrent
que la plupart des utilisateurs de patchs nicotiniques recommencent
à fumer à long terme.
La méthode du patch échoue dans un grand nombre de cas. A
court terme, les patchs représentent une aide certaine. En
revanche à plus long terme, les études sont peu
nombreuses et ne dépassent jamais les 3-4 ans de suivi.
Une équipe de chercheurs a ainsi eu l'idée de reprendre
le fichier des participants à une étude antérieure
menée aux Etats-Unis entre 1991 et 1992. Celle-ci comprenait
1686 personnes âgées de 25 à 64 ans, fumant en
moyenne plus de quinze cigarettes par jour et ayant porté un
patch (actif ou placebo) durant trois mois. Un an plus tard, seuls 9%
des sujets étaient encore abstinents. Après 8 ans, ils
n'étaient plus que 5%. Ainsi, 46% des abstinents à un an
recommencent à fumer dans les années à venir. Il
faut savoir également que l'utilisation du patch augmente les
chances de succès à long terme de 39%. Mais
comparé au placebo, la différence n'est pas suffisamment
significative dans cette étude.
Pour Jean-Pol Tassin neurobiologiste,
85% des personnes qui arrêtent de fumer avec des gommes ou des
patchs à la nicotine rechuteront. Le pourcentage avec un placebo
est de 90% : la faible différence montre
l’inefficacité des patchs nicotiniques. En effet, la
nicotine n’est pas le facteur unique de l’addiction
à la cigarette. Il y a plus de 3000 composés dans le
tabac, parmi lesquels les sucres. Ces derniers servent à adoucir
la fumée et à donner du goût.
Quand ils se décomposent par l’action de la chaleur, les
sucres fabriquent des aldéhydes, inhibiteurs des monoamines
oxydases, des enzymes qui dégradent les neuromodulateurs du
cerveau.
Les sucres empêchent la nicotine de serrer les freins de la
sérotonine et mettent ainsi en marche le système
noradrénaline-sérotonine. Le "miracle" du tabac,
c’est que la cigarette contient à la fois le produit
addictif, la nicotine, et ceux qui lui permettent d’être
actif, les inhibiteurs des monoamines oxydases. Toutes les drogues qui
entraînent une dépendance activent au niveau
moléculaire ce système.
L’addiction viendrait du fait que les drogues provoquent un
découplage entre la noradrénaline et la
sérotonine. Chez le toxicomane en manque, les deux
systèmes ne fonctionnent plus en harmonie, ce qui provoque un
malaise. Reprendre du produit, c’est réactiver
l’ensemble noradrénaline-sérotonine et soulager ce
manque.
Ainsi ce n’est donc pas la nicotine à elle seule qui
crée l’addiction et l’effet de manque. C’est
pourquoi tout substitut tabagique efficace ne peut être
constitué de la seule nicotine, mais doit être
allié à un produit qui débloque la
sérotonine, afin d’éviter la souffrance liée
au découplage.
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